MÈTRE CARRE - M’ÊTRE CARRE

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Le contexte de création 

 

A l’heure de cette pandémie mondiale, qu’est celle du Covid-19, c’est l’ensemble des équilibres planétaires qui sont ébranlés, mis en sursis et remis en question. Les échanges internationaux, nationaux, de proximité, les échanges économiques, humains, artistiques sont stoppés dans leurs élans.

L’espace tel que nous le vivions depuis plusieurs décennies est déstructuré. La sphère spatiale appréhendable et arpentable par chaque individu est réduite. Les frontières continentales et nationales se ferment, les villes se replient sur elles-mêmes, l’espace public de proximité est restreint aux besoins essentiels.

 

La circulation des individus est limitée à la simple nécessité. L’espace domestique devient le seul espace dans lequel chaque individu peut se déplacer sereinement et à partir duquel il peut voyager et rencontrer … par écrans interposés… Et au sein même de cet espace domestique, un espace intime, d’isolement, se construit-il afin que chacun puisse y construire et vivre son altérité.

Le temps aussi est limité et devient autre : la nuit n’est plus ouverte aux publics, des couvre-feux sont instaurés. Le temps du confinement est un temps qui déstructure le temps, le rallonge, l’étend, le distend, … On en perd la notion, on ne le voit pas passer, il ne s’écoule plus, on tente de le prendre pour le réduire au présent, on se penche sur son passé, apercevant difficilement celui du futur. Celui de demain, se construit pour les quelques jours et semaines à venir, courte échelle, confronté aux murs d’incertitudes et d’attentes. Le temps futur est à repenser et à réinventer.

La transformation s’infiltre au cœur même des relations inter-individuelles : les échanges de la vie quotidienne sont limités, les lieux de vie fermés (marchés, restaurants, maquis, kiosques, …) , les lieux publics de la vie culturelle et artistique clos. Moins de marchés, pas de kiosques et de maquis, plus de rassemblements collectifs.

Les « gestes barrières » sont venus s’interposer, s’intercaler entre les individus : les mains doivent se desserrer, les embrassades ne sont plus autorisées, les visages restent cachés sous les masques. Les corps ne doivent plus interagir dans la sphère publique, se serrer, se toucher, se coller, s’enlacer par peur de cet invisible virus.

Le mètre « salvateur » est de mise et de rigueur.

Ainsi, le travail des artistes est-il remis en question dans ses dimensions sociales, interactionnelles, spatiales, temporelles : les projets annulés ou repoussés, l’impossibilité de se produire en public, l’obligation de ré-envisager le temps de recherche, de conception, de production et l’œuvre artistique.

Aussi, Temps, Espace, Individualité et Altérité se prêtent-ils, de façon encore plus accrue, aux questionnements du scénographe.

Le temps donné, ce temps du confinement, a été mis à profit pour penser une nouvelle création artistique inspirée de ce moment historique.

Une nécessité de la pensée mais aussi une nécessité de l'esprit créatif : créer pour comprendre le moment et l'appréhender, créer pour vivre et créer pour générer une activité.

Avec l'arrêt des activités culturelles, au Burkina Faso comme partout ailleurs c'est l'arrêt de sources de revenus pour les artistes... ce sont donc aux difficultés sanitaires, des difficultés financières qui s'ajoutent.